Produits d'entretien écologiques : ce qui change concrètement pour un immeuble

Santé des agents, air intérieur, efficacité, prix : ce que changent vraiment des produits écolabellisés pour l'entretien d'un immeuble.

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Gouttes d'eau sur une grande feuille verte

Ceux qui respirent les produits toute la journée

Un résident croise l'odeur du produit quelques secondes dans le hall. L'agent d'entretien, lui, la respire plusieurs heures par jour, cinq jours par semaine, pendant des années.

L'INRS, l'organisme de référence sur la santé au travail, classe le nettoyage parmi les métiers particulièrement exposés aux rhinites et à l'asthme d'origine professionnelle. En cause : des produits irritants (ammoniaque, eau de Javel, acides forts) et des substances qui peuvent provoquer des allergies. Sa première recommandation : remplacer les produits irritants, et limiter les pulvérisations.

Une étude menée pendant vingt ans auprès de plus de 6 000 personnes en Europe (Svanes et al., 2018) l'a mesuré : chez les femmes agents d'entretien, la capacité respiratoire baisse plus vite que chez celles qui ne nettoient pas (22,4 ml par an contre 18,5 ml). L'effet est aussi observé avec l'usage régulier de sprays.

L'eau de Javel : efficace, mais pas anodine

L'eau de Javel désinfecte très bien. Mais elle irrite les yeux, la peau et les voies respiratoires, et elle devient dangereuse mélangée à d'autres produits : avec un détartrant acide, elle dégage du chlore ; avec un produit ammoniaqué, des chloramines, deux gaz toxiques (fiche toxicologique de l'INRS).

Dans un local de ménage, où plusieurs produits se côtoient, le risque de mélange n'est pas théorique. Pour l'entretien courant d'un immeuble, la Javel est rarement nécessaire : un détergent adapté suffit, et la désinfection se réserve aux surfaces qui le demandent.

Ce que garantit vraiment un écolabel

Un produit « vert » ou « naturel » sur l'étiquette ne garantit rien : ces mots n'ont pas de cahier des charges. Deux labels, eux, sont contrôlés par un organisme indépendant :

  • L'Ecolabel européen, défini par la Commission européenne (critères des produits de nettoyage) : substances dangereuses limitées, moindre impact sur les milieux aquatiques, emballages réduits, et efficacité testée.
  • Ecocert « Écodétergent », un label privé qui privilégie les ingrédients d'origine naturelle et exclut les produits chlorés.
Logo de l'Ecolabel européenLogo Ecocert
Les deux logos à chercher sur l'étiquette

Attention aussi au parfum : selon l'ADEME, les produits très parfumés, y compris aux huiles essentielles, sont une source importante de pollution de l'air intérieur. Une bonne odeur de propre n'est pas un gage de propreté.

Aussi efficaces ? Oui, c'est vérifié

C'est la crainte la plus fréquente, et elle n'est pas fondée : pour obtenir l'Ecolabel européen, un produit doit passer des tests d'efficacité. Sur le terrain, un hall lavé avec un détergent écolabellisé est aussi propre qu'avec un produit classique.

Ce qui trompe souvent, c'est l'odeur. Un produit écologique sent moins, ou presque rien : pas de lavande, pas de rose, pas de « parfum de propre » qui reste dans le hall après le passage. Ce parfum n'a jamais rien nettoyé : il est ajouté pour donner une impression de propreté, et c'est justement lui qui charge l'air intérieur. Un hall qui ne sent rien après le ménage n'est pas un hall mal lavé. Ce qui fait la différence, ce sont le bon dosage, le bon matériel et la régularité du passage, pas la puissance chimique.

Ce que ça ne change pas

Soyons honnêtes sur les limites :

  • un produit écolabellisé reste un produit d'entretien : il se dose, se range et se manipule avec précaution ;
  • il ne rattrape pas un passage trop rapide ou un matériel usé ;
  • il coûte en général un peu plus cher à l'achat qu'un produit classique.

Comment on fait chez Tournez Ménage

Nous n'utilisons que des produits écolabellisés ou éco-certifiés, notamment ceux d'Exeol, une marque française fabriquée à Lisieux, dans le Calvados, par une entreprise qui formule des produits d'entretien depuis 1971.

Ces produits coûtent plus cher. Nous compensons ce surcoût ailleurs : nous n'avons pas de flotte de véhicules. Nos agents se déplacent en transports en commun, à vélo ou en scooter électrique, et quand il faut livrer des produits sur un site, c'est en vélo cargo.

Et nous allons plus loin : nous réduisons au maximum les distances parcourues. Nous développons notre clientèle quartier par quartier, pour que nos agents passent d'un immeuble à l'autre en quelques minutes plutôt que de traverser l'Île-de-France. Moins de trajets, moins de temps perdu, moins d'émissions : l'économie finance les produits, et l'écologie y gagne deux fois.

Questions fréquentes

Les produits écologiques nettoient-ils aussi bien ?

Oui. L'Ecolabel européen impose des tests d'efficacité. Le résultat dépend surtout du dosage, du matériel et de la régularité du passage.

Pourquoi un produit écologique sent-il moins ?

Parce qu'il contient peu ou pas de parfum ajouté. L'odeur de lavande ou de rose n'a aucun rôle dans le nettoyage : elle donne seulement une impression de propreté.

L'eau de Javel est-elle dangereuse ?

Elle irrite les voies respiratoires et dégage des gaz toxiques si on la mélange à un produit acide ou ammoniaqué. Elle est rarement nécessaire pour l'entretien courant d'un immeuble.

Comment reconnaître un vrai produit écologique ?

À son label : Ecolabel européen ou Ecocert Écodétergent. Les mentions « vert » ou « naturel » sans label ne sont pas contrôlées.

Les produits écologiques coûtent-ils plus cher à la copropriété ?

Ils coûtent un peu plus cher à l'achat. Chez nous, ce surcoût est compensé par l'absence de flotte de véhicules, et n'est pas facturé en plus.

Qui a écrit cet article

Martin Rozec

Martin Rozec

Fondateur et gérant de Tournez Ménage

Martin a fondé Tournez Ménage après cinq ans dans le nettoyage et un passage par la gestion de copropriété. Il connaît les deux côtés de la table : celui qui signe le contrat et celui qui le fait tourner.

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